A la Cité Belle Vue, les eaux ont laissé derrière elles des maisons meurtries, des véhicules hors d’usage et des familles désemparées. Réunis ce week-end sous une tente, les sinistrés ont raconté leur calvaire, tandis que Me Alassane Seck et Mme Khady Niang ont alerté sur des pertes provisoirement estimées à plusieurs centaines de millions de francs Cfa. Le pire a été évité, mais le traumatisme reste profond.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Les regards sont tristes, les visages fermés. Sur les murs des maisons de la Cité Belle Vue, les traces laissées par les eaux rappellent trois jours de cauchemar. Derrière les portes, des meubles détruits, des appareils électroménagers noyés et des souvenirs engloutis. Pour les habitants, il faut désormais mesurer l’étendue des pertes et tenter de se relever.
Prenant la parole au nom des victimes, Me Alassane Seck a décrit l’ampleur du désastre. Plusieurs véhicules, restés sous les eaux pendant trois jours, sont aujourd’hui immobilisés. Des mécaniciens ont été mobilisés pour les remorquer et examiner les dégâts, notamment sur les systèmes électroniques. «Les téléviseurs, les réfrigérateurs, les congélateurs, les micro-ondes, tout est dans l’eau», a-t-il déploré. Les meubles en bois ont également été endommagés. Les victimes recherchent leurs factures pour justifier la valeur des biens perdus. «Nous parlons de centaines de millions de francs Cfa», a-t-il indiqué, tout en précisant que l’évaluation reste provisoire. Un recensement maison par maison est nécessaire pour établir un bilan précis.
Khady Niang : «Il faut aussi regarder 2005 et 2022»
A son tour, Mme Khady Niang a rappelé que la catastrophe actuelle s’inscrit dans une longue série d’inondations. «On parle de 2026, mais il y a quand même eu trois inondations où l’on s’est retrouvés avec 1, 80 mètre d’eau dans les maisons. Vous imaginez les pertes», a-t-elle souligné, évoquant notamment les épisodes de 2005 et 2022.
Pour ces familles, les eaux ne détruisent pas seulement des biens : elles effacent des années d’efforts. Certains habitants avaient déjà remplacé leurs équipements après de précédents sinistres. Aujourd’hui, ils doivent encore repartir de zéro.
Le pire évité de justesse
Aucune perte en vie humaine n’a été signalée. Un soulagement que Mme Khady Niang attribue notamment à l’heure du sinistre, survenu vers 3 heures du matin. «Si cela s’était passé en pleine journée, ça aurait été une catastrophe», a-t-elle averti.
La cité compte en effet deux crèches accueillant des bébés et de jeunes enfants, sans oublier des personnes âgées dans les domiciles.
Au total, 66 villas et six immeubles ont été recensés parmi les habitations touchées. Le nombre exact de familles sinistrées reste à déterminer. Des médecins accompagnent les personnes les plus éprouvées, tandis que les habitants tentent d’inventorier leurs pertes.
Les eaux se sont retirées, mais la détresse demeure. Au-delà des centaines de millions de francs Cfa annoncés, ces familles doivent reconstruire leur quotidien et retrouver un sentiment de sécurité. A Belle Vue, le cauchemar est passé, mais le combat pour se relever ne fait que commencer.
latifmansaray@lequotidien.sn
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