Le secteur de la Justice s’apprête à tourner au ralenti : le Bureau exécutif national (Ben) du Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) a officiellement appelé l’ensemble des agents du secteur judiciaire à suivre le mot d’ordre de grève générale de 72 heures décrété par le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt), les 21, 22 et 23 octobre 2026.
Affilié à l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas), le Sytjust lance un appel large et inclusif. Le syndicat invite ainsi tous les agents du secteur de la Justice à débrayer, «sans distinction de corps, de grade ou de statut». Pour les dirigeants du Ben, cette grève dépasse largement le cadre des revendications corporatistes du milieu judiciaire. Selon le syndicat, la dynamique engagée touche directement aux enjeux globaux de la dignité du travailleur, de la justice sociale, de la préservation des acquis et du respect des engagements pris par l’Etat. «Les travailleurs de la Justice ne sauraient rester en marge d’un mouvement qui touche aux fondements mêmes de la protection de nos droits professionnels et sociaux», souligne la déclaration du Bureau exécutif.
Sept axes de revendications majeurs
En ralliant le Fsdt, le Sytjust remet au premier plan un cahier de doléances structuré autour de sept exigences fondamentales : l’adoption immédiate de mesures d’urgence face à la hausse
continue du coût de la vie, en
particulier sur les produits de première nécessité, l’eau,
l’électricité et les carburants ; la révision concertée des articles controversés du Code du travail, notamment la réglementation sur les Contrats à durée déterminée (Cdd), afin d’enrayer la
précarisation de l’emploi. Sans oublier le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite à 65 ans, s’inscrivant dans une réforme globale garantissant une retraite digne et pérenne, une gouvernance rigoureuse et transparente des institutions de prévoyance sociale, combinée au respect strict des obligations de financement.
Tout en appelant à la fermeté et à une forte mobilisation sur le terrain, le Ben du Sytjust rappelle que le dialogue social demeure le seul levier «indispensable» à la prévention des crises et au maintien de la paix sociale. Toutefois, l’organisation syndicale prévient : ce dialogue ne saurait se résumer à des promesses et doit impérativement être «sincère, inclusif et suivi d’effets».
Appelant chaque militant à faire preuve de solidarité, de responsabilité et de discipline syndicale, le Sytjust entend peser de tout son poids pour faire de cette mobilisation nationale un succès décisif face aux pouvoirs publics.
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