16 salles de classe du Lycée Chérif Samsidine Aïdara de Vélingara (région de Kolda) ne peuvent pas accueillir d’élèves au courant de cette présente année scolaire, du fait de leur mauvais état. Un déficit que le Proviseur et les parents d’élèves cherchent à combler. En attendant, les enseignements/apprentissages ont démarré… dans la douleur.

Par Abdoulaye KAMARA – La Direction de la protection civile, depuis la fin de l’année scolaire 2025, avait informé les autorités scolaires et administratives de Vélingara de l’état de délabrement très avancé de 24 salles de classe dans le Lycée Chérif Samsidine AÏdara de Vélingara (région de Kolda), l’unique établissement public du genre dans la ville du maire Mamadou Oury Baïlo Diallo. Malgré cette préoccupante situation, le Proviseur avait pris sur lui la responsabilité de les faire fonctionner au courant de l’année scolaire passée. «Pendant les grandes vacances, le Conseil départemental a réfectionné 8 salles de classe et a dit être à court de moyens financiers pour les 16 salles restantes. Cette année, j’ai décidé, en accord avec l’inspection d’Académie et le Préfet, de ne pas utiliser ces salles. Conséquence : nous avions, au démarrage de cette année, un déficit de plus de 16 classes physiques pour un total de 32 cours pédagogiques dont des classes tournantes», a déclaré Mamadou Diédhiou, Proviseur dudit établissement.

Pour démarrer, l’administration du lycée a créé des classes nomades, mais aussi a fait fonctionner les cours en feu continu jusqu’à 19 heures, «avec des classes pléthoriques. Des cours prennent fin à 14 heures. D’autres démarrent à 15 heures. C’est compliqué». Une situation intenable dans la durée. Aussi les parents d’élèves sont-ils mis à contribution : «Nous avons demandé aux parents d’accepter de donner 6000 F par élève comme droit d’inscription au lieu de 5000 F. Ce qu’ils ont accepté. Ce montant nous a permis de construire 3 abris provisoires, très améliorés. Et puis, fort heureusement, nous avons reçu un appui du maire de la commune qui a mis à notre disposition une enveloppe de 500 mille francs. Il nous a enlevé une grosse épine du pied. Ce montant peut construire près de 2 abris. Nous remercions sincèrement le maire qui n’y était pas obligé, n’ayant pas compétence à agir dans les lycées.»

Pour justifier ce geste du maire Mamadou Oury Baïlo Diallo, son adjoint Omar Ndiaye a dit : «Le maire sait que les lycées ne relèvent pas de la compétence des communes. Toutefois, conscient des enjeux de l’éducation et que ce sont des enfants de sa commune qui fréquentent ces établissements, le maire n’a pas hésité à contribuer pour la construction d’abris provisoires et la réfection de certaines salles de classe.»

«L’Etat doit être plus exigeant sur le suivi de la construction de ses bâtiments»

Le Lycée de Vélingara abritait, à la fin de l’année scolaire passée, 24 salles de classe qui menaçaient ruine. 8 salles ont moins de 20 ans. Il s’agit des salles construites grâce aux initiatives du Conseil départemental du département qui a obtenu un financement du Paisd (Projet d’appui aux initiatives de développement au Sénégal). Ce sont ces classes que le Conseil départemental a réhabilitées pendant les dernières vacances scolaires. Les 16 salles qui empêchent de dormir le Proviseur Mamadou Diédhiou sont construites il y a 30 ans par l’Etat du Sénégal. Elles sont restées, après leur finition, plusieurs années sans être utilisées faute d’équipement, selon une source bien informée. Alors que l’entreprise bénéficiaire du marché avait la charge de son équipement.

Aussi le Proviseur Diédhiou interroge-t-il l’attribution des marchés de construction des bâtiments dans le secteur de l’éducation. Il a dit : «Il n’est pas normal que des bâtiments qui ont 16, 17 ans d’âge soient dans un état de délabrement si avancé. C’est inquiétant. Il faudrait que les autorités, au niveau supérieur, soient plus exigeantes sur le suivi-évaluation de la construction des bâtiments dans le secteur de l’éducation. Sinon les pertes seront inestimables.»

akamara@lequotidien.sn