Le Sudeten ne décolère pas. Le syndicat rejette le protocole transactionnel conclu avec Akilee. Il parle d’un «conflit ouvert». La mobilisation pourrait s’étendre. Il réclame une enquête parlementaire pour faire la lumière sur cet accord.

Par Malick GAYE – Après la grève de la semaine dernière, va-t-on vers un mouvement d’humeur à la Senelec ? La question reste entière au regard du communiqué du Syndicat unique et démocratique des travailleurs de l’énergie (Sudeten), daté du 26 octobre. Le syndicat y réclame une «enquête parlementaire» pour «faire la lumière sur les coulisses sombres de ce dossier devant la Représentation nationale». Il vise le protocole transactionnel entre la Senelec et Akilee, approuvé par le Conseil d’administration le vendredi 23 octobre, ainsi que le contrat projeté de dix ans. Le syndicat dit le rejeter «en bloc et sans concession». Le Sudeten somme les autorités d’apporter des réponses sur une série de questions, présentées comme des points à éclaircir. «Akilee fabrique-t-elle des compteurs ? Quelles valeurs ajoutées nouvelles apporte-t-elle à la Senelec ? A-t-elle répondu à l’avis d’appel public pour Accord cadre fermé international (Acfi) n°22/2026 relatif à l’acquisition de compteurs ? Qui sont les oligarques derrière Akilee ?», s’interroge le Sudeten.

Le syndicat estime qu’«un marché de gré à gré portant sur une activité aussi stratégique que le comptage électrique ne saurait être accepté sans transparence, justification rigoureuse et respect des règles applicables à la commande publique». Il rappelle aussi des observations attribuées à l’Ofnac dans le rapport d’enquête n°02/2023. Il somme la Direction générale de commander «un audit indépendant, technique, financier et juridique», et exige la communication intégrale des documents contractuels aux partenaires sociaux, «loin de l’omerta actuelle». Le Sudeten affirme que son opposition «ne date pas d’aujourd’hui». Il cite quatre jalons : le manifeste de mai 2019, celui d’avril 2020, les conclusions de l’atelier de la Csts en septembre 2026, puis la résolution du Conseil national syndical en octobre. Sur le fond, il défend les compétences internes de l’entreprise. Il assure que la Senelec dispose d’ingénieurs, de techniciens et de cadres «capables de concevoir, déployer et maîtriser» les solutions de comptage. Il juge «inadmissible» que cette expertise soit «mise de côté au profit d’intérêts privés opaques». «Ce contrat décennal est un arrêt de mort pour notre autonomie technique et un braquage à ciel ouvert des finances de la Senelec», écrit le syndicat, qui refuse «que les usagers paient la facture de cette gestion opaque». Il «déclare le conflit ouvert et n’accordera aucune concession». Le Sudeten appelle enfin les travailleurs à rester «unis, vigilants et mobilisés», et «se réserve le droit d’engager toutes les actions légales et réglementaires syndicales nécessaires». Son mot d’ordre : «Non au bradage de la Senelec ! Non aux contrats opaques !»

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