Hausse des carburants, opacité des fonds spéciaux et calendrier électoral : Pastef a livré une charge au vitriol ce mercredi 19 août 2026. Par la voix de Birame Soulèye Diop, Guy Marius Sagna et d’autres cadres du parti, la formation majoritaire à l’Assemblée nationale dénonce le refus d’appliquer les solutions économiques de Sonko et s’oppose à la présidence de la République sur la réforme des crédits spéciaux.

Par Justin GOMIS – Lors d’une conférence de presse hier, les cadres du parti Pastef-Les patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationale, sont montés au créneau. De la flambée des prix des carburants à l’encadrement des fonds politiques, en passant par le respect du calendrier électoral et la transparence du patrimoine des dirigeants, les responsables patriotes ont formulé une série de griefs et de propositions choc.

Revenant sur la récente décision du gouvernement de relever les prix à la pompe, l’ancien ministre de l’Energie, Birame Soulèye Diop, a exprimé son incompréhension. Il a révélé les conclusions d’une étude stratégique commanditée sous le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko. Remis le 19 mai 2026, ce rapport d’experts démontre que la fiscalité sur les hydrocarbures au Sénégal atteignait en moyenne 41%, hissait le pays au rang de «champion de la taxation en Afrique de l’Ouest». «Ousmane Sonko avait estimé que 41% de taxes étaient un fardeau trop lourd pour la population», a rappelé Birame Soulèye Diop.

Selon l’ancien ministre, la simulation établie par de hauts fonctionnaires prouve qu’en ramenant la fiscalité à un taux oscillant entre 15 et 25%, et sans recourir aux subventions étatiques chroniquement déficitaires, le litre de supercarburant aurait pu être maintenu à 925 F Cfa, contre 990 F fixés aujourd’hui. Dénonçant une hausse évitable, M. Diop a regretté que la feuille de route transmise à son successeur soit restée au placard, appelant à la rationalisation de la fiscalité et le ciblage strict des aides sociales, une révision du cadre législatif via la loi de finances rectificative, la création d’un comité permanent de suivi des prix et l’accélération de la digitalisation.

Fonds spéciaux et bras de fer institutionnel : Guy Marius Sagna vise le Président Diomaye Faye

Le député Guy Marius Sagna s’est quant à lui attaqué à l’opacité des crédits spéciaux et des fonds politiques. Fustigeant la récente décision de l’Exécutif de saisir le Conseil constitutionnel pour interrompre les travaux parlementaires sur ce sujet, l’élu de la majorité a qualifié cette démarche de manœuvre d’obstruction. Relayant une fracture politique assumée, M. Sagna est allé plus loin dans ses déclarations à l’encontre du chef de l’Etat : «si le Président veut tout faire pour empêcher les séances afin d’éviter la discussion sur les crédits spéciaux, on ne doit pas lui faire confiance. Nous ne tomberons pas dans les pièges et la crise artificielle créés pour protéger ces privilèges», a-t-il affirmé.

Deux autres figures du mouvement sont intervenues pour préciser la stratégie du parti : le groupe parlementaire introduira sous deux semaines une proposition de loi visant à modifier l’article 18 de la loi relative à l’Ofnac. L’objectif est de lever la clause de confidentialité pour rendre publiques et accessibles en ligne les déclarations de patrimoine de toutes les autorités de l’Etat. Rejetant catégoriquement toute rumeur de report des prochaines échéances locales, un jeune responsable a martelé qu’un glissement du calendrier était inacceptable : «Ces élections sont une exigence démocratique, ils n’ont ni le droit ni le courage de les reporter.»

En orchestrant cette sortie médiatique incisive, Pastef retrace une ligne de démarcation claire sur les réformes de gouvernance, la gestion de la vie chère et le contrôle du Pouvoir exécutif.