La publication, le 2 octobre 2026, d’une liste d’établissements privés non reconnus par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) suscite une vive indignation. Plusieurs institutions emblématiques contestent leur inscription, dénonçant une atteinte grave à leur réputation et réclamant des clarifications immédiates.

En rendant publique sa «Liste noire n°1», la Direction de l’enseignement supérieur espérait assainir le secteur privé et préserver les étudiants contre des offres de formation frauduleuses. Mais la démarche de la tutelle fait l’effet d’une bombe dans le paysage universitaire sénégalais. Loin de faire l’unanimité, ce document a immédiatement déclenché la riposte énergique de grandes écoles touchées.

Parmi les structures épinglées, le Centre d’études diplomatiques et stratégiques (Ceds) de Dakar exprime sa «vive préoccupation» et exige le retrait sans délai de son nom dans un communiqué. L’institution rappelle qu’elle n’est pas un simple établissement privé. Organisation internationale à vocation académique établie par accord de siège depuis 1999, elle forme depuis plus de 26 ans des ministres, des officiers supérieurs, des diplomates et de hauts fonctionnaires.

Selon la présidence du Conseil d’orientation stratégique du Ceds, l’établissement dispose d’un agrément définitif (n°Repsen/Ensup-priv/AD/004-2016) couvrant l’ensemble de son offre académique. Le litige avec le ministère porterait exclusivement sur la délivrance du diplôme de doctorat, alors que ses diplômes de Licence et Master restent pleinement reconnus. Pour le Ceds, être assimilé à des «opérateurs frauduleux» porte un préjudice incalculable à ses auditeurs et au rayonnement diplomatique du Sénégal.

L’Iseg dénonce des accusations diffamatoires

Même indignation du côté de l’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg). Acteur de la formation professionnelle depuis près de quarante ans, l’Iseg dénonce fermement des informations jugées «diffamatoires» et contraires à la réalité. La direction souligne être titulaire d’un agrément définitif depuis 1996, d’une habilitation Anaq-Sup et d’accréditations du Cames pour plusieurs de ses diplômes.

Concernant ses campus régionaux de proximité, l’Iseg précise qu’ils reposaient sur des agréments provisoires délivrés par le ministère lui-même dans le cadre d’’une politique d’inclusion pédagogique. L’établissement annonce avoir saisi ses conseils juridiques afin d’engager des procédures devant les juridictions compétentes pour défendre l’honneur de ses étudiants et de ses milliers de diplômés.

Vers un dialogue ou la bataille judiciaire ?

Alors que l’inquiétude gagne les étudiants inscrits et les alumni, le Ceds tout comme l’Iseg réaffirment leur attachement au respect des institutions et se disent ouverts à un «dialogue sérieux et constructif» avec la tutelle. La balle est désormais dans le camp du Mesri pour apporter les clarifications nécessaires et apaiser la crise.