Avec l’arrivée d’une troisième République au Sénégal dont les élections présidentielles ont marqué un certain confort, portant sur les résultats et le score des gagnants … les femmes et les hommes avertis par leurs analyses pointus savent pertinemment que le processus avait été biaisé, au regard de la précampagne électorale qui aura illustré tous ses maux.
En raison qu’en termes de gestion des compétences d’une République qui, durant de longues années a produit des femmes et des hommes de grande valeur, des intellectuels férus et expérimentés, moulés dans l’endurance par la pratique. Ces femmes et ces hommes , à tous les niveaux des responsabilités occupées par leurs fonctions, étaient forgés dans la pudeur, le respect de l’autre et de soi-même, en toute discipline et en patriotisme exemplaire. Des républicaines et des républicains quoi ! Seule l’unité de la Nation comptait. Seuls le mérite et la sagesse comptaient, avant tout.
Deux années de pouvoir après des promesses mirobolantes, le recul est là, sous nos yeux, par une vie difficile et compliquée au quotidien, des pratiques moyenâgeuses de soutirer à un peuple pressurisé , par un manque récurrent d’emploi, par des taxes et des impôts incompréhensibles, et au-delà des normes exigibles… sans, en contrepartie, aucune réalisation avantageuse au profit d’une société meurtrie, dans son existence comme dans son élan pacifique.
Hier, le tribunal social n’était pas payant. Aujourd’hui, il l’est, parce que sans budget, dans la plupart de ses départements, ou avec un budget sans aucune importance significative. Ainsi, il manque à tous les niveaux : un personnel préparé, formé et mis dans de bonnes conditions de travail ; il n’y existe point de bibliothèques documentées en termes de jurisprudence, une expertise dans le domaine des accidentés de travail, sur la Caisse de sécurité sociale et sur les Institutions de prévoyance maladie, sur la maladie professionnelle, sur l’hygiène et la sécurité. Rien ! Ces gens là tâtonnent de manière grave, dans une République des valeurs.
Attendu qu’une insuffisance de juges, de juges polyvalents et de juges suppléants, de greffiers, se ressent à tous les compartiments juridictionnels ; il en est de même aux services des courriers, entre autres. Et, à travers les juridictions, les sessions (la première Instance, la Cour d’appel, la Cour suprême, les référés, entre autres)… une pénurie d’assesseurs s’illustre dans un contexte de cacophonie juridictionnelle sociale où les décisions sont peu convaincantes, par leur arbitrage (jugements, ordonnances et arrêts qui, parfois, se perdent ou s’évaporent dans la nature). Il en est de même quant au département de l’enrôlement. En cela, aucune personne ne peut être désignée du doigt ! Personne n’est fautif ; seul trinque le demandeur qui (d’ailleurs) n’est pas pris en compte.
Attendu de doter (d’abord et de manière urgente) au président du Tribunal hors classe de Dakar comme dans d’autres sphères, aux différents présidents des sessions et présidents des sections de moyens financiers budgétisés, dans le cadre de leur travail et de leurs attributions : des ordinateurs performants, une excellente climatisation dans les salles, un service technique, des voitures, des motos et un service d’entretien performant, professionnel et disponible, entre autres. Autrement dit, le justiciable vit un calvaire indescriptible par rapport à l’accessibilité à sa justice sociale. Des conflits en attente de jugement ou d’arrêt depuis 6 à 14 ans. C’est gravissime !
Attendu que dans un environnement de modernisation : ne faudrait-il pas dans les procédures (conclusions, répliques, ouvertures, réouvertures des débats, vérifications, rabat du délibéré et délibérés), entre les avocats, les mandataires syndicaux et les présidents, s’activer à des transferts par échange sur ordinateur ?
Alors, à quand la modernisation tant attendue dans l’environnement du tribunal social et à sa mise en pratique ? Parce qu’il ne s’agit pas de débat politicien où l’ancien Premier ministre, qui disposait de plusieurs milliards durant deux ans déjà, ne semble guère pouvoir justifier l’argent des justiciables, des populations abattues et dans la famine. Il ne s’agit (également pas) de créer des infractions voulues, qui consistent à maintenir arbitrairement une personne naïve dans sa besace, enfermée dans une idéologie préfabriquée et inopérante. Ou bien d’incarner des qualités et mérites dont on ne dispose guère. Ou encore de construire un état d’esprit qui ne repose sur aucune réalité vécue : une tendance à la pathologie.
Or, il y a bien lieu de se remémorer, un tout petit instant, d’illustres hommes dans le passé que furent Nkrumah, Gandhi, Cheikh Anta Diop. Des auteurs de mémoires historiques bien élevés, qui ont en eux des connaissances approfondies qui dénotèrent un parfait savoir-faire et de l’habileté. Des détenteurs de pouvoirs magiques.
Par opposition, il faut également retenir le cas de deux personnalités dotées de cultures énormes et de fabuleuses compétences . Malheureusement, ils ont été barrés dans leur ascension par la vigilance de tout un peuple averti .
Autrement dit, attendons de voir le décollage du lancement du projet «e-justice et jokkoo ak yoon» ? Peut-être décollera-t-il aux calendes grecques, certainement ? Puisque cette digitalisation et cette accessibilité en toute fluidité peuvent-elles être en phase avec une justice moderne ? Qui vivra, verra !
Ibrahima Khalil MENDY
Sg Syntips et Président du
mouvement des permanents Cnts