Si le marathon parlementaire, qui débute ce 10 août, promet d’intenses débats sur le Code du travail, la sécurité numérique ou encore les affaires foncières, une absence de taille intrigue experts et observateurs : celle de la Loi de finances rectificative (Lfr), approuvée en Conseil des ministres depuis plusieurs semaines. Mais, l’Exécutif n’avait pas envoyé à l’Assemblée le document en question, selon le Parlement qui n’a jamais été démenti. Alors que les urgences socio-économiques s’accumulent -sous la pression des attentes citoyennes, des ajustements budgétaires imposés par le contexte international et de la nécessité de réallouer des ressources vers des secteurs prioritaires-, le réajustement de la trajectoire budgétaire de l’Etat semble paradoxalement maintenu en stand-by.

Cette mise de côté interroge au moment même où la Représentation nationale s’apprête à voter la création d’une commission d’enquête sur les mécanismes financiers de type Trs ou les exonérations fiscales. Pourquoi différer le passage de la Lfr, outil privilégié pour réordonner les dépenses publiques et répondre aux besoins financiers immédiats du pays ?

Entre arbitrages budgétaires complexes et priorisation des réformes institutionnelles et judiciaires, le Pouvoir législatif et l’Exécutif choisissent de temporiser. Reste à savoir jusqu’à quand le gouvernement pourra repousser ce passage obligé à l’Assemblée nationale pour ajuster son budget aux réalités économiques du moment.