Alors que l’Uefa maintient une pression sur Gianni Infantino, les soutiens du patron de la Fifa sortent peu à peu du bois. L’Afrique, mais aussi l’Argentine ou le Mexique ont publié des communiqués pour venir en aide à Infantino. Mais ce sont bien l’Asie voire l’Océanie qui pourraient faire basculer son destin.

C’est le feuilleton qui anime l’été alors que son projet d’ouverture du capital de la Fifa à des fonds extérieurs a suscité une gigantesque levée de boucliers dans le monde entier. Jeudi, The Telegraph annonçait que des dirigeants de l’Uefa souhaitaient déclencher un vote de défiance contre lui. La fronde menée par plusieurs fédérations, notamment an­glaise, semble suffisamment grande pour faire chuter le boss du football mondial.

Le monde se divise en 3

Aujourd’hui, le monde se divise en trois : ceux qui veulent la peau de Infantino, ceux qui continuent de le soutenir contre vents et marées, et ceux qui ne prennent pas complètement position. C’est cette troisième voie qui a aujourd’hui les cartes en main. Il est clair que l’Uefa mène le combat en maintenant sa menace de boycott des compétitions de la Fifa. Une arme puissante qui a déjà conduit au retrait du projet d’ouverture de capital. L’Uefa est puissante, pas seulement parce qu’elle compte 55 membres, mais parce qu’elle regroupe les nations les plus puissantes du football mondial.

Les 54 fédérations africaines sont, elles, en ordre de bataille derrière Infantino. L’influent Maroc, premier soutien du président de la Fifa, pèse lourd pour prêcher la bonne parole. Le poids du continent annule quasiment à lui tout seul la fronde européenne (54 fédérations contre 55 en Europe) et avec l’Afrique, Infantino détient déjà près de la moitié des votes nécessaires à sa réélection.

Pourquoi une telle fidélité ? Le continent africain est un des principaux bénéficiaires des programmes de développement du football : en octobre 2025, la Fifa avait reversé environ 1, 28 milliard de dollars à la Caf via des mécanismes de solidarité depuis son élection en 2016. L’ouverture de la Coupe du monde à 48 équipes et le projet d’extension à 64 lui bénéficieront en premier lieu.

Le Mexique se désolidarise de la Concacaf

Derrière l’Afrique et l’Euro­pe, l’unanimité est plus fragile. La Concacaf, qui regroupe 35 fédérations de football d’Amé­rique du Nord et des Caraïbes, accompagne la fronde et a réclamé une «remise à plat complète» de la gouvernance de la Fifa. La distance établie par la Concacaf pourrait d’abord s’expliquer par les ambitions de son président canadien, Victor Montagliani, décrit comme un potentiel rival de Infantino pour l’élection de mars. Les 35 fédérations le suivront-ils dans leur vote ?

Le Mexique a cependant apporté son soutien à Infantino et ouvert une première brèche dans l’union de façade.

L’Arabie saoudite et l’élection qui pourrait tout changer

L’Asie est très divisée. L’Afc, qui compte 46 membres affiliés à la Fifa, n’a pas clairement pris position contre Infantino, mais a appelé à procéder «d’urgence à une révision de son cadre de gouvernance»…

L’Arabie saoudite, qui accueillera la Coupe du monde en 2034, est restée extrêmement silencieuse. Selon The Times, cela s’expliquerait par la vacance du pouvoir au sommet de la Fédération qui élira un nouveau président le 30 août. Il existe un courant protestataire au sein de la Fédération saoudienne. Si celui-ci arrivait au pouvoir, Infantino pourrait perdre un précieux allié.

«Préoccupée», l’Amérique du Sud, soutien historique du président de la Fifa, a marqué prudemment ses distances ces derniers jours, mais ses intentions ne sont pas claires.

Autrement dit, la virulente fronde européenne ne suffit pas, pour le moment, à déclencher une unanimité et à faire vaciller le président de la Fifa.

Avec Eurosport