Lors de la première édition du Salon international de l’aquaculture (Siaq) au Cices, le Directeur général sortant de l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), Dr Samba Kâ, a lancé une alerte ferme sur la baisse annoncée de la disponibilité de poisson par habitant d’ici 2034. Face à la pression démographique, il appelle l’Afrique à rattraper son retard et à exploiter son immense potentiel aquacole.

Par Amadou MBODJI – La rareté prévisible du poisson en Afrique préoccupe Dr Samba Kâ, Directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana). S’exprimant hier au Cices, lors de la première édition du Salon international de l’aquaculture (Siaq), il a appelé à des actions urgentes et concrètes. «Si nous n’agissons pas maintenant, nos enfants mangeront moins de poisson que nous», a-t-il mis en garde. Coorganisé par l’Ana et Atlantic Mariculture, un opérateur privé panafricain, ce salon rassemble une trentaine de pays africains et prendra fin ce jeudi.

S’appuyant sur les données de la Fao, le patron de l’Ana a tiré la sonnette d’alarme : «Plus préoccupant encore, la quantité de poisson disponible par habitant devrait diminuer en Afrique d’ici 2034, parce que notre population croît plus vite que notre production. C’est un signal d’alarme.» Cette déclaration intervient à quelques jours de la fin de son mandat à la tête de l’agence, où il effectuera la passation de service avec son successeur le 12 octobre.

Citant le rapport 2024 de la Fao sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, Dr Samba Kâ a rappelé que la production mondiale d’animaux aquatiques a atteint 194, 6 millions de tonnes en 2022 dont 122, 7 millions de tonnes issues de l’aquaculture. Cette tendance confirme la primauté de l’élevage aquatique, qui dépasse désormais la pêche de capture en représentant 53% de la production mondiale. Une dynamique qui devrait se renforcer pour atteindre 202 millions de tonnes d’ici 2034 dont 119 millions produites par l’aquaculture.

Cependant, le Directeur général de l’Ana invite à regarder la réalité en face : près de 89% de cette production mondiale restent concentrés en Asie. Malgré des atouts naturels majeurs -fleuves, lacs, estuaires, des milliers de kilomètres de côtes, des nappes phréatiques généreuses, un climat favorable, une riche biodiversité et une jeunesse dynamique-, l’Afrique demeure en retrait, ne pesant que pour moins de 3% de la production aquacole globale.

C’est précisément pour inverser cette tendance que le Siaq 2026 réunit les acteurs du secteur autour du thème : «Investir, innover, impacter.» Un rendez-vous fondé sur une conviction centrale : l’avenir de l’aquaculture africaine ne pourra se construire que de manière collective.

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