Faut-il s’attendre à ce que le Président Diomaye pète les plombs à l’Assemblée générale des Nations unies ? Faute d’en être sûrs, nous pouvons l’espérer dans un élan de sursaut qui change des discours ternes du genre appel à une lutte accrue contre les conflits armés, le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’instabilité politique dont est victime l’Afrique. L’Afrique n’est pas que victime. Elle est complice active dans les conneries des grandes puissances. Cependant, elle en souffre plus que n’importe quelle autre partie du monde. Ses économies en sont dévastées. Ses enfants en sont dispersés. Sa biosphère en est dévastée.

Que le Président sénégalais et ses homologues africains refusent les camisoles de force par lesquelles obligation leur est faite de choisir entre la rectitude dans les prétoires ou la légèreté dans les meetings populaires. Dans les deux cas, les délibérations font l’économie de nos gesticulations finalement rangées dans le lot négligeable des expressions de besoins d’appartenance ou des manifestations d’affects dépressifs. A y voir de plus près, l’émigration sauvage est l’unique force de dissuasion à laquelle les grands du monde n’ont pas encore de véritable système de défense. Pourquoi ne pas décomplexer nos fantassins aux frontières du monde des riches de la même manière que les grandes puissances libèrent les énergies de leurs capitalistes et boursicoteurs sauvages.

Le temps est venu de faire la différence en marquant les esprits d’un rugissement davantage en phase avec les enjeux réels d’aujourd’hui. Les lamentations axées sur les injustices du passé ont atteint leur limite depuis bien longtemps. Les pauvres africains sont déjà en guerre avec les puissances économiques mondialistes. Cependant, «les Etats ne s’engagent ou ne restent en guerre que si leurs objectifs peuvent être atteints à un coût acceptable».

Il en est de même en matière de pollution, d’ingérence et surtout de tyrannie commerciale. Dites à Diomaye de s’adresser à l’establishment mondial de la manière suivante : tant que vous continuerez de vous comporter en bandits, il nous restera au moins l’arme fatale du grand remplacement. Nous vous enquiquinerons encore et encore en colonisation de peuplement sous-estimée en termes d’immigration clandestine. Bien entendu, les services du protocole vont traduire en un langage beaucoup plus raffiné.

La 81e session doit servir à l’Afrique, héritière privilégiée de la Conférence de Bandung, d’instrument très tapageur pour la lutte contre l’insolence et le cynisme du véritable axe du mal. Il ne sera pas question d’activité obsolète et bornée de la manière des harkis en réclame d’indemnisation. Poutine est leur apôtre. La Russie est leur mentor. Leur monde statique de l’après-Deuxième Guerre mondiale est loin derrière nous, mais leur imaginaire de tirailleur est resté intact. A présent, il s’agit d’envoyer dos à dos les fichus envahisseurs en Ukraine, les foutus agresseurs GI en Iran, les filous chinois ruineurs d’économie et les flous européens, élastiques comme tout.

Birame Waltako NDIAYE