Dans le cadre de la 14e Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité (Pac 2026), des décideurs politiques, parlementaires, chercheurs, organisations de la Société civile, médias et partenaires au développement réfléchissent autour du thème «Faire progresser un programme transformateur de justice fiscale pour l’Afrique». Cela, afin d’examiner le rôle de la fiscalité dans la transformation économique, l’équité sociale et la souveraineté fiscale de l’Afrique.
Par Dialigué FAYE – Chaque année, des sommes considérables quittent le continent africain à travers la fraude et l’évasion fiscale, la manipulation des prix de transfert, la fausse facturation commerciale, le transfert artificiel de bénéfices ou encore le recours à des juridictions opaques. Face à une telle situation, les pays africains devraient mutualiser leurs forces. «Aucun Etat ne peut, à lui seul, apporter une réponse complète à des flux qui, par nature, traversent les frontières. Nos administrations fiscales, douanières et financières doivent disposer des compétences, des technologies et des données nécessaires pour détecter des montages de plus en plus complexes. Nos dispositifs juridiques doivent évoluer au rythme des transformations économiques.
Notre coopération régionale doit faciliter l’échange d’informations, la coordination de nos actions et la réduction des pratiques de concurrence fiscale dommageables. Enfin, nous devons davantage parler d’une seule voix dans les instances où se définissent les normes fiscales internationales. Les négociations engagées aux Nations unies en vue d’une convention-cadre sur la coopération fiscale internationale constituent, à cet égard, une étape historique», a déclaré le ministre sénégalais de l’Economie, des finances et du plan, à l’ouverture de la 14ᵉ Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité (Pac 2026).
D’après Cheikh Diba, «l’Afrique a joué un rôle déterminant dans l’ouverture de ce chantier». Ainsi exhorte-t-il le continent à rester «mobilisé afin que les règles internationales tiennent pleinement compte des réalités, des intérêts et des priorités des pays en développement». Dans cette perspective, le ministre en appelle à une «meilleure mutualisation des initiatives, à travers un accès accru des administrations fiscales africaines aux informations fiscales internationales, la généralisation et l’interconnexion des registres de bénéficiaires effectifs, le renforcement de la coopération au sein des instances africaines de fiscalité et de transparence».
Axée sur le thème «Faire progresser un programme transformateur de justice fiscale pour l’Afrique», cette 14e édition du Pac réunit des décideurs politiques, parlementaires, chercheurs, organisations de la Société civile, médias et partenaires au développement, afin d’examiner le rôle de la fiscalité dans la transformation économique, l’équité sociale et la souveraineté fiscale de l’Afrique. Pour Cheikh Diba, cette conférence doit permettre aux Africains de franchir une nouvelle étape. «Nous devons passer de la dénonciation des flux financiers illicites à la mise en œuvre de réponses opérationnelles, de la fragmentation de nos initiatives à une coopération renforcée, et enfin à l’évolution de nos systèmes fiscaux afin qu’ils soient davantage fondés sur l’équité, la confiance et la transformation», plaide le ministre.
Rappelant les chiffres du Rapport 2020 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, il souligne que «les sorties illicites de capitaux en provenance d’Afrique étaient estimées, sur la période étudiée, à 88, 6 milliards de dollars par an. Ce montant était presque équivalent au cumul annuel de l’aide publique au développement et des investissements directs étrangers reçus par le continent». D’où l’urgence, selon lui, de travailler en parfaite synergie pour renverser cette tendance et préserver les moyens nécessaires au financement du développement africain.
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