Présent à la Conférence stratégique de la Confédération africaine de football (Caf), organisée du 7 au 9 octobre au Cap-Vert, Patrick Vieira s’est exprimé sur les défis que doit relever le football africain pour franchir un nouveau cap sur la scène internationale.

Interrogé par Patrice Motsepe sur les chances de voir une sélection africaine remporter la Coupe du monde 2030, le sélectionneur du Sénégal a livré une analyse particulièrement intéressante. Selon lui, le continent possède déjà les talents nécessaires pour rivaliser avec les meilleures nations, mais doit encore progresser dans plusieurs domaines essentiels. Face aux responsables du football continental, Patrick Vieira a d’abord tenu à saluer l’immense richesse du football africain. L’ancien international français estime que les sélections du continent disposent de joueurs suffisamment talentueux pour rivaliser avec les grandes puissances mondiales.

«C’est avec beaucoup d’humilité que je vais m’exprimer, parce que je suis peut-être le coach avec le moins d’expérience sur le continent africain pour donner mon avis sur le football africain», a-t-il déclaré. Le technicien a ensuite exprimé son étonnement face au manque de reconnaissance dont souffre parfois le football africain.

«Je suis assez surpris par le manque de considération du talent du football africain. Le continent africain a énormément de joueurs, de très grands joueurs. Ce n’est pas un problème de qualité, ce n’est pas un problème de technique. Ce n’est pas un problème d’entraîneurs, parce que la compétence sur le terrain, elle est là.»

Pour Vieira, le principal obstacle ne réside donc pas dans les qualités individuelles des joueurs, mais davantage dans les conditions permettant d’exploiter pleinement leur potentiel.

Le Sénégal, un exemple encourageant

Récemment arrivé à la tête de la sélection sénégalaise, Patrick Vieira a également partagé ses premières impressions sur l’organisation des Lions de la Teranga.

Le sélectionneur s’est notamment montré satisfait des infrastructures et des moyens mis à disposition de l’Equipe nationale.

«Moi, je suis récemment arrivé au Sénégal et je suis assez surpris par les infrastructures et l’organisation qu’il y a autour de l’équipe avec le président. On est en train de travailler pour essayer de mettre des choses en place, justement pour optimiser la performance.» Cette expérience renforce sa conviction que les nations africaines peuvent atteindre un niveau supérieur grâce à une meilleure préparation.

La récupération, un

facteur déterminant pour gagner le Mondial

Patrick Vieira a particulièrement insisté sur un aspect souvent négligé : la récupération physique des joueurs. Selon lui, l’enchaînement des rencontres lors d’une Coupe du monde exige une organisation irréprochable, notamment en matière de nutrition, de suivi médical et de préparation physique. Le véritable défi apparaît lorsque les équipes dépassent la phase de groupes et doivent disputer des rencontres décisives tous les trois ou quatre jours. «Le plus difficile, ce n’est pas le premier match ni le deuxième. Le plus compliqué, c’est quand on sort de la phase de groupes et qu’on arrive en huitièmes ou en quarts de finale. C’est là qu’il y a encore un pas à franchir», a-t-il expliqué. Pour l’ancien champion du monde 1998, ces détails peuvent faire basculer une compétition.

Son message est clair : l’Afrique possède déjà les joueurs et les entraîneurs capables de viser le titre mondial. Elle doit désormais renforcer l’encadrement scientifique, médical et organisationnel de ses sélections pour transformer son immense potentiel en succès historique.

wdiallo@lequotidien.sn

(Avec Afriquesports)